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Quelques mots sur l'auteur de l’Éthique en toc des T.I.C.

L'auteur ne nous donne que peu d'éléments sur lui durant sa conférence, on ne connaît même pas son nom d'artiste. Est-ce un hasard, une coquetterie … ?

Pourtant, ses collègues font pression pour qu'il lève le voile sur ce mystère. « Explique que tu es expert du domaine ! Cela donnerait de la crédibilité, de la légitimité à ton discours ». Il n'y a pas de honte à être enseignant-chercheur, maître de conférences et distingué du titre de docteur ; qui plus est dans un domaine à la mode : l'informatique.

Certes, mais il n'y pas matière à en tirer gloire non plus. Il ne faudrait pas réduire un être humain à seulement un métier, une fonction utilitaire dans la société. Qui est utile pour la société ? Un culte est voué aux courtiers ou aux négociants (que l'on nomme « traders » en anglais). Ce culte est officialisé par leurs revenus. Sont-ils productif pour la vie et le bien être ? Quel revenu donne-t-on à une femme qui donne le sein, ou à un homme qui relève un handicapé ? Les métiers indispensables à enrayer les épidémies, comme instituteur (éducation à l'hygiène) ou éboueur (mise en place de l'hygiène) voire médecin (quand c'est trop tard), sont rarement placés à une juste valeur.

De plus qu'il ne faudrait pas confondre intelligence, humanité et instruction. Il existe tant de diplômés qui n'ont d'yeux que pour le profit financier et immédiat. La réticence de dire son métier provient de la spécialisation contemporaine. Autrefois, il existait des savants Al-Kindi, Léonard de Vinci, … qui avaient des connaissances dans de nombreux domaines et comprenaient leurs interactions. Aujourd'hui est venu le règne des spécialistes. Pour parler du nucléaire, on fait intervenir un expert capable de vous dire le point de fusion du réacteur de Fukushima, mais pas de comprendre les implications sociales sur cinq-mille générations (100 000 ans) des dégâts provoqués par l’inéluctable catastrophe qui surviendra à Bure sur le site de Cigéo.

Le savoir a si souvent été détourné par la propagande commerciale ou politique, que les experts sont aujourd'hui dénigrés. Alors que nous devrions nous appuyer sur la connaissance universitaire, publique, partagée, libre et donc laïque pour dénoncer les manipulations.

Dans ces conditions, c'est un choix de ne pas mettre en avant un métier, mais plutôt des arguments objectifs concernant les dangers du numérique.

De même que son anonymat est plus que relative. Une recherche sur le moteur de Big-Brother fournit la liste de ses publications scientifiques, son nom, son université, ses coordonnées, … pourtant il ne concède qu'à donner un prénom durant toute sa conférence.

Il faut y voir un message en creux. Celui d'effacer l’individualité face au collectif. Il y a clairement un refus de devenir le plus riche du cimetière (sa production est libre contrairement au « gratuit » lucratif des GAFA), de même que de devenir le plus célèbre du cimetière. Alors que les exhibitionnistes et les voyeurs sont de plus en plus nombreux (à en juger par la quantité d'utilisateurs des plus grands réseaux d'exhibition comme face-de-bouc), se montrer à visage découvert, sans crier une identité, a pour but de mettre l'accent sur le message et non le messager.

On nous rebat les oreilles qu'il faut citer ses sources. Certes, c'est indispensable. Mais ne faudrait pas confondre citation d'un travail scientifique reconnu par ses pairs et brève de comptoir. Il ne sert de rien, du point de vu de la pertinence, de citer le billet d'un individu trouvé via l'Internet. Il vaut mieux donner les références bibliographiques (de préférence validées par des hommes de l'art). C'est justement ce genre de référence que l'on trouve dans le générique de fin de l’Éthique en toc des T.I.C.

En résumé, l'auteur n'est pas le cœur de ce spectacle. L'essentiel demeure la prise de conscience de la réalité qui nous entoure. Au moment de la guerre froide un auteur britannique écrivait 1984 (48 à l'envers). Il cherchait à dénoncer le communisme. Il a en fait décrit les fondements des systèmes totalitaires indépendamment d'un modèle économique. Par la suite, le capitalisme a mis en place ces principes, brique après brique. La Novlangue fait aujourd'hui partie de notre quotidien. La dénonciation par les enfants des choix politiques des adultes, se fait maintenant via des applications « récréatives » de l'Internet (comme face-de-bouc).

La génération qui s'annonce en souffrira-t-elle ou imagine-t-elle déjà de nouvelles formes d’oppression, encore plus féroces, contre l’intelligence collective ?

auteur/debut.txt · Dernière modification: 03/01/2018 09:25 par webmestre